Et si, pour encourager des valeurs sociétales, on payait notre épicerie avec une monnaie spécifique à notre ville, à notre quartier?

Cette semaine, dans sa chronique Innovation sociale, sur les ondes de Radio-Canada, Mickaël Carlier aborde la façon dont certains créent de la valeur dans leur région, par la mise en place de monnaies locales. «Les monnaies locales cherchent à contre-balancer les effets pervers de la mondialisation, en stimulant une économie réelle et locale. Elles émanent généralement de groupes citoyens et ont cours, comme leur nom l’indique, à l’échelle très locale : une région, une ville, voire un quartier.»

Les objectifs principaux de ces monnaies sont de stimuler une économie locale, en encourageant des liens sociaux et économiques entre les citoyens et les commerces de la région. Le tout en stimulant la consommation de produits locaux, réduisant d’autant le transport, et donc les émissions de GES.

Qu’il s’agisse de monnaies physiques (avec des pièces et des billets) ou intangibles (on parle ici plutôt de banques d’heures ou d’échanges de services),  le fonctionnement demeure sensiblement le même. «D’un côté, on bâtit un réseau de commerçants qu’on mobilise autour d’enjeux sociétaux et de pratiques durables ; et de l’autre, on met en circulation cette monnaie locale auprès des citoyens qui vont pouvoir encourager ces pratiques en achetant spécifiquement auprès de ces commerçants engagés.»

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Mickaël Carlier, président, Novae

Alors qu’il existe plusieurs milliers de monnaies locales à travers le monde, quelques-unes circulent déjà au Canada, comme le Calgary Dollar, créé en 1995 et qui permet aujourd’hui d’acheter plus de 1000 produits et services dans des dizaines de commerces de la ville. Plusieurs initiatives ont récemment vu le jour au Québec : que ce soit le Demi (photo de Une), lancé en Gaspésie en 2015, ou d’autres projets actuellement en démarrage, notamment dans les villes de Québec, Montréal, Rimouski et Sherbrooke.

«Et cela stimule de façon très concrète l’économie locale puisque les monnaies locales circulent davantage, plus vite et plus souvent que les monnaies officielles. Pourquoi ? Parce qu’elles sont ‘fondantes’ : si on ne les utilise pas, elles se dévaluent. Donc on ne spécule pas, on n’épargne pas, on fait circuler la monnaie et on crée de la valeur dans notre région! »

Pour écouter la chronique, cliquer ici.

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