Alors que 60000 tonnes de polystyrène sont enfouies chaque année au Québec, rencontre avec Solenne Brouard, fondatrice de Polystyvert qui a développé une technologie qui permet de le recycler, et ce des centaines de fois.

A l’occasion de la prochaine Rencontre Novae qui se tiendra le 27 janvier dans ses locaux d’Anjou, entrevue avec Solenne Brouard, fondatrice de cette entreprise qui lie innovation technologique et impact environnemental.

Polystyvert a mis au point une technologie permettant de recycler le polystyrène ; expliquez-nous en quoi cela consiste.

Grâce à un concentrateur, un équipement installé directement chez les clients, le polystyrène est dissous en quelques secondes dans une huile essentielle. Une fois arrivé à saturation, le mélange est transporté à l’usine pour récupérer le polystyrène et le transformer en petites granules (pellets en anglais). C’est ainsi que 98% du volume est sauvé, ce qui réduit significativement les coûts de transports, le frein majeur au recyclage de la matière. Le polystyrène c’est 98% d’air et 2% de matière; avec notre technologie nous pouvons mettre davantage de matière dans un camion. Un camion est en mesure de transporter 700 kilos de polystyrène non recyclé: avec notre solution, il peut en déplacer 8 tonnes. C’est donc plus de dix fois moins cher à transporter et cela fait dix fois moins de camion sur les routes. L’huile est quant à elle réutilisée pour d’autres dissolutions, il n’y a ainsi aucune perte générée par le processus de récupération. Cela s’inscrit véritablement dans un esprit d’économie circulaire. Il est important de souligner que notre technologie est unique au monde, elle est d’ailleurs brevetée.

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Quelles sont les industries concernées par cette technologie ?

Plusieurs entreprises se sont montrées très réceptives à cette nouvelle technologie en raison des économies qu’elle peut leur apporter pour se débarrasser du polystyrène – des poissonneries, des magasins de meubles et d’appareils électroniques, des entreprises de l’industrie pharmaceutique… Par exemple, cette année nous avons mené un projet-pilote avec Sobeys ; nous avons également installé des concentrateurs dans des écocentres de Granby et Waterloo.

Et puisque le polystyrène sert à de multiples usages et applications industrielles (isolation des murs en construction, emballage, transport, etc.), ce n’est pas difficile de trouver des clients pour acheter la matière recyclée. Si la qualité est là, il y a un intérêt. Le polystyrène recyclé est 10% moins cher que le neuf.

Photo 1 - Polystyvert

Solenne Brouard, fondatrice de Polystyvert

Quelles sont les prochaines étapes de votre développement ?

La demande pour le recyclage du polystyrène est forte et nous pourrons traiter 250 kg de matière par heure en continu début 2017, soit dix fois plus que 2016. Notre usine d’Anjou bénéficiera prochainement d’importants investissements pour augmenter sa capacité. Cela nous permettra de recycler 5 tonnes de polystyrène par heure mais aussi de créer une dizaine d’emplois. Au Québec, seulement 10 % du polystyrène est recyclé. Il s’agit d’un marché au grand potentiel que nous allons pouvoir exploiter au fur et à  mesure de notre développement.

 

 

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