Alors que le Cinéma du Parc, à Montréal, lançait mercredi sa première campagne d’obligations communautaires, lumière sur ce type de financement participatif encore peu utilisé.

Le Cinéma du Parc lançait sa campagne d’émission d’obligations communautaires, et en profitait pour tenir une séance d’information. Car, si les obligations communautaires sont utilisées depuis plusieurs années en Ontario (on parle de Community Bonds), notamment par le Center for Social Innovation (CSI), Solar Share ou encore la coopérative West End Food, ce type de financement demeure peu répandu au Québec. « Les obligations communautaires restent méconnues au Québec, il y a eu quelques expériences en région mais jamais à Montréal. Les gens ne savent pas trop ce dont il s’agit», explique Vanessa Sorin, chargée de projet au Territoires Innovants en Économie Sociale et Solidaire (TIESS), qui se penche sur ces nouvelles avenues de financement depuis 2014.

L’émission d’obligations communautaires permet aux organismes sans but lucratif (OBNL) de mobiliser de nouvelles sources de capitaux privés auprès de leur communauté, assurant leur développement et renforçant leur ancrage territorial. Ce sont des titres de créances et ont des caractéristiques semblables à toute obligation, dont une valeur nominale, une échéance et une rémunération liée à un taux d’intérêt. Elles sont accessibles à tous mais peuvent être émises uniquement par des OBNL. Elles sont proposées à la communauté sans intermédiaire ce qui permet aux citoyens d’investir leur épargne dans des projets qui leur tiennent à cœur. « C’est l’équivalent d’un prêt solidaire, elles permettent aux citoyens d’investir dans les projets auxquels ils croient. D’ailleurs, l’une des conditions de réussite est de pouvoir s’appuyer sur une communauté très forte », précise Vanessa Sorin.

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Dans le cadre d’un projet-pilote débuté en avril 2016, le TIESS accompagne et documente quatre organisations dans leur campagne d’émission d’obligations communautaires : le Grand Costumier (photo de Une), le Théâtre Empress, les Ateliers 7 à nous et le Cinéma du Parc.  À l’issue de l’expérience, différents outils de transfert seront conçus dont notamment un guide d’émission, une trousse à outils, des études de cas ou encore des activités de formation qui permettront à d’autres organisation de réitérer l’expérience et contribueront à pérenniser ces pratiques d’émission. « Les OBNL et les entreprises d’économie sociale ont le défi de diversifier leurs sources de financement ; nous souhaitons les aider à trouver un certain équilibre. Il faut en effet voir les obligations communautaires comme l’une des composantes d’un montage financier: elles peuvent venir en complément d’un prêt bancaire ou d’une campagne de sociofinancement. C’est le cas du Grand Costumier qui, dans un premier temps, est allé chercher plus de 30 000$ en sociofinancement, et veut maintenant obtenir 20 000$ en obligations communautaires. »

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Pour le Cinéma du Parc, les obligations communautaires vont permettre notamment d’acheter des nouveaux sièges pour certaines salles du complexe. Le Grand Costumier, quant à lui, tiendra une soirée d’information le 2 novembre dans ses locaux à propos de ses obligations communautaires: l’organisme se donne deux mois pour vendre 20 obligations à 1000$ chacune.

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