Retour en cinq tendances sur un bootcamp qui a rassemblé, la semaine dernière à Toronto, 20 entrepreneurs sociaux venus des quatre coins du Canada.

Novae était présent lors du Emerging Innovators BootCamp qu’organisait le réseau Ashoka du 7 au 9 septembre à Toronto. Rappelons qu’Ashoka est l’un des plus vastes réseaux internationaux dédiés à l’entrepreneuriat social. Née en Inde en 1980, l’organisation est aujourd’hui active dans près de 90 pays et a soutenu plus de 3000 entrepreneurs à travers ses différents programmes consacrés à la mesure d’impact, au financement ou aux collaborations avec les grandes entreprises. Chaque année, Ashoka organise avec American Express des bootcamps à Toronto, New York, Dakar, Nairobi et Mexico dans le but de soutenir le développement d’entreprises en innovation sociale.

Ainsi, la semaine dernière, les participants ont reçu pendant trois jours du mentorat de la part d’organisations telles que le Center for Social Innovation (CSI), qui a pour mission de catalyser l’innovation sociale à Toronto, et MarS, un «hub» à la croisée de l’entrepreneuriat et de la finance. Parmi les mentors figuraient Anthony Upward, créateur du « Flourishing Business Canvas » qui permet d’intégrer des valeurs socio-environnementales dans un modèle d’affaires, et Adil Dhalla, directeur de la culture du CSI.

Novae est allé à la rencontre des 20 innovateurs qui avaient été sélectionnés pour participer à ce bootcamp, et a retenu cinq tendances à surveiller de près dans le domaine de l’innovation sociale.

  1. La revalorisation des espaces vacants

Au Canada, les espaces vacants, la plupart situés dans des zones urbaines défavorisées, représentent un véritable défi: il en existe près de 30 000 aujourd’hui et peuvent rester vacants pendant une période pouvant aller jusqu’à 20 ans. Parmi les bootcampers, trois organisations s’inscrivent dans cette tendance cherchant à revaloriser ces espaces non utilisés. C’est le cas de Soul Roots, une organisation à non but lucratif qui souhaite utiliser les espaces vacants de Toronto afin d’y installer des projets d’agriculture urbaine. Ou de Public Accessory, qui utilise des espaces vacants publics et privés de Toronto afin d’y installer du mobilier urbain éco-responsable, tel que des racks à vélo. Enfin, Lande facilite la réappropriation des terrains vacants par les citoyens eux-mêmes et permet de répertorier les terrains vacants à Montréal.

 

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Les bootcampers lors d’une session à Unleash, un espace collaboratif à Toronto.

  1. L’intégration sociale

Parmi les innovateurs présents à Toronto, soulignons l’initiative de Binners’ Project qui permet aux «recycleurs» des rues de Vancouver de s’organiser entre eux à travers des ateliers et des réunions dans le but de recréer du lien social et de s’appuyer sur une communauté solidaire. Pour sa part, l’organisme montréalais AXCS met en œuvre des solutions simples, concrètes et peu coûteuses face aux enjeux de l’accessibilité universelle: en offrant aux commerçants une rampe d’accessibilité sur-mesure, l’organisation vise l’élimination des barrières physiques des bâtiments et améliore de façon instantanée la qualité de vie des personnes ayant des problèmes de mobilité réduite. NextGenMen propose des programmes visant à améliorer l’acception sociale des différents genres et orientations sexuelles grâce à des ateliers donnés dans les écoles et de la documentation en ligne. Enfin, Kindess Connect met en relation des personnes qui souhaitent être bénévoles et des structures à la recherche de volontaires.

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Binners’ Project, à Vancouver

  1. La santé

La santé figurait également au coeur des projets présents au sein du bootcamp, comme “Mommy Monitor”, une plateforme conçue à Toronto, destinée principalement aux femmes d’Afrique et des Caraïbes afin de leur permettre de mieux suivre leurs grossesses, en leur donnant accès à des aides sociales et en leur prodiguant des conseils de santé. On pense également à PASS (Panic, Anxiety, & Stress Support), une plateforme de prévention contre les maladies mentales qui fournit un kit de premier secours en cas de crise de panique ou de stress.

  1. L’innovation environnementale

L’environnement et l’optimisation des procédés actuels figuraient également parmi les sujets visés par les entrepreneurs de la cohorte. C’était notamment le cas de MycoRemedy qui offre une manière plus écologique et plus économique de décontaminer les sols, et permet de restaurer des sites de grande ampleur. Et de Zooshare, qui utilise les déchets générés par le Zoo de Toronto et de ses magasins alentours (excréments et nourriture,) afin de les transformer en biocarburant.

 

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Les bootcampers lors d’un atelier sur le “Flourishing Business Canvas” qui permet d’intégrer des valeurs socio-environnementales dans un modèle d’affaires

  1. L’alimentation

Alors que 79% des familles au Nunavut vivent dans l’insécurité alimentaire, l’organisme Growing North s’est donné comme objectif de réduire le coût de la nourriture afin d’aider ces familles à faire des économies et prendre part activement au développement de leur communauté. De son côté, Meal Exchange aide les étudiants à créer un système alimentaire durable au sein de leurs établissements scolaires. L’idée principale est de faire appel à des fournisseurs locaux et de créer le circuit le plus court possible pour alimenter ces établissements scolaires de manière éco-responsable.

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