À quelques jours de sa venue à Montréal, rencontre avec Barb Steele, directrice exécutive pour le Canada d’Ashoka, l’un des plus vastes réseaux internationaux dédiés à l’entrepreneuriat social.

Née en Inde en 1980, l’organisation est aujourd’hui active dans près de 70 pays et a soutenu plus de 3000 entrepreneurs à travers ses différents programmes consacrés à la mesure d’impact, au financement ou aux collaborations avec les grandes entreprises qui, à l’instar d’American Express ou Veolia, se rapprochent de cette nouvelle génération d’entrepreneurs qui allient efficacité d’affaires et bénéfice sociétal. À quelques jours de sa venue à Montréal pour la Conférence Momentum, Barb Steele répond à nos questions.

En quoi consistent les activités d’Ashoka?

Partout dans le monde nous avons la même approche: nous favorisons la collaboration entre les différentes parties prenantes de la société pour qu’ensemble – entrepreneurs sociaux, entreprises et pouvoirs publics – puissent relever des défis qu’aucun de ces acteurs n’aurait pu résoudre seul. En mettant en commun leurs forces et en agissant collectivement sur des problématiques précises, telles que la santé ou l’éducation, ils prennent part à une transformation sociétale à grande échelle. Et cette transformation sera d’autant plus profonde que ces nouveaux modèles collaboratifs sont soutenus par les jeunes générations qui partagent cette vision. D’ailleurs, nous utilisons la puissance du réseau Ashoka à travers le monde, notamment en termes de financement et d’échanges de compétences, dans le but de maximiser l’impact du travail de chacun des innovateurs sociaux.

 

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Concrètement, qu’offre Ashoka aux entrepreneurs sociaux?

Tout d’abord nous leurs offrons du mentorat de la part des Ashoka Fellows, les principaux entrepreneurs sociaux qu’Ashoka a reconnu pour leurs solutions innovantes aux problèmes sociaux et leur potentiel de changer les différentes sphères de la société [NDLR: au Québec, Jean-François Archambault de la Tablée des Chefs, le Dr Julien, Sidney Ribaux d’Équiterre et Michel Venne de l’Institut du nouveau monde figurent au nombre des Ashoka Fellows]. Ces entrepreneurs partagent ainsi leurs expériences et prouvent que la compassion, la créativité et la collaboration sont d’énormes forces pour susciter le changement. Ashoka leur offre la possibilité de faire partie d’une communauté mondiale d’innovateurs sociaux qui sont prêts à s’aider les uns les autres – c’est sans doute le plus important pour nous. Cela fait 14 ans qu’Ashoka est implanté au Canada et nous sommes fiers de la communauté d’Ashoka Fellows que nous avons construit mais aussi des programmes que nous avons implantés au pays.

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Une séance de mentorat lors d’un Emerging Innovators Bootcamp

Expliquez-nous en quoi consistent ces différents programmes.

Nous offrons plusieurs programmes d’accompagnement pour les entrepreneurs, qui leur permettent de recevoir du soutien en termes de services juridiques ou de communications, mais aussi du coaching pour obtenir du financement et aider leurs idées à se développer. Citons Ashoka U qui vise à encourager l’innovation sociale sur les campus universitaires, ou l’Emerging Innovators Bootcamp, un camp d’entraînement pour innovateurs sociaux. Le programme Changemakers permet de développer l’impact d’une innovation et maximise l’impact du travail des innovateurs sociaux sur des questions sociales de grande importance comme la santé, l’éducation et l’alimentation. Quant au programme Changemaker Schools, il permet aux étudiants, qui ont les compétences et la confiance nécessaires, de devenir des acteurs du changement.

Quel regard portez-vous sur l’évolution de la pratique RSE au cours des dernières années?

Je pense que la Responsabilité sociale des entreprises est devenue une pratique « mainstream ». Chaque grande entreprise doit désormais avoir un département dédié à ce sujet, il ne s’agit plus d’un sujet abstrait que les gestionnaires ne comprennent pas ou peu. Nous sommes aujourd’hui à une étape où l’entreprise doit se dire « oui, la RSE c’est important, mais qu’est-ce que je peux faire de plus pour améliorer la sphère socio-environnementale ?». En outre, je pense que RSE et innovation sociale sont de plus en plus liées et que la seconde influence de plus en plus la première. Aujourd’hui, l’innovation sociale est partout, elle est soutenue par le gouvernement fédéral, par les investisseurs, par les universités. Il s’agit d’un thème incontournable qui va prendre encore plus de place au cours des prochaines années.

 

Barb Steele sera conférencière dans le cadre de la cinquième édition de Momemtum le 6 octobre.

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