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« L’exploitation de votre entreprise et ses activités philanthropiques n’ont pas à être deux actions séparées. »

On remarque de plus en plus sur les sites web d’entreprises de toutes tailles l’ajout d’une page « Implication sociale ». Pas « Développement durable », ni « Responsabilité sociale », mais bien « Implication sociale ».

C’est l’occasion pour ces entreprises de démontrer comment elles s’impliquent dans la collectivité par des actions concrètes. On ne parle pas ici de stratégie, ni de plan avec des cibles et des objectifs. Rien de tout cela.

Pour démontrer leur responsabilité sociale, elles choisissent généralement les avenues suivantes :

– Dons à un organisme de bienfaisance ;
– Journée de bénévolat pour les employés ou ;
– Création d’une fondation pour soutenir financièrement des initiatives de nature sociale ou environnementale.

La plupart du temps, on retrouve donc sur la page « Implication sociale » une liste d’organismes qui ont reçu le soutien d’une entreprise qui cherche à démontrer sa responsabilité sociale par son implication sociale.

Ce sont les pratiques classiques de la philanthropie d’entreprise. Je n’ai jamais vraiment été en mesure de déterminer quelle était la durée acceptable pour afficher une bonne action. Après combien de temps cela devient-il de l’abus ? Dans le cas de commandites, le temps d’affichage est clairement indiqué dans une entente, mais pour les dons, c’est moins tranché.

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Le cinéma Beaubien fait appel à un organisme d’insertion socioprofessionnelle pour imprimer ses cartes d’affaires, dépliants et affiches grand format

Laissez-moi vous parler d’une autre forme de philanthropie d’entreprise. Une philanthropie sans crédit d’impôt. Est-ce que je vous ai perdu ? Lisez-vous toujours cet article ? Je n’ai pas dit sans bénéfice ! Il est possible de combler des besoins opérationnels de votre entreprise tout en soutenant une cause sociale. L’exploitation de votre entreprise et ses activités philanthropiques n’ont pas à être deux actions séparées.

Le principe consiste à développer une relation d’affaires avec des entreprises d’économie sociale qui ont une mission sociale forte et qui sont en mesure de vous offrir des produits ou des services dont vous avez besoin.

Cette approche permet notamment aux institutions publiques de rencontrer leurs exigences en approvisionnement responsable et aux entreprises privées de soutenir des causes sociales à travers des dépenses courantes sans que cela ne représente un investissement supplémentaire. Il existe environ 7 000 entreprises d’économie sociale au Québec. Tout comme dans le secteur privé, il y en a qui sont particulièrement fiables, compétitives et qui ont développé une véritable expertise.

Par exemple, il est possible, comme le fait le cinéma Beaubien, de soutenir de jeunes adultes dans leur retour à l’emploi en faisant imprimer par un organisme d’insertion socioprofessionnelle, ses cartes d’affaires, dépliants ou affiches grand format. Ou, comme l’a récemment fait Baléco, une entreprise québécoise de produits d’entretien ménager écologiques, de confier l’emballage de certains produits à une entreprise adaptée qui permet à des personnes handicapées d’intégrer le marché du travail.

Baleco confie l’emballage de certains de ses produits à une entreprise qui permet à des personnes handicapées d’intégrer le marché du travail.

Baleco confie l’emballage de certains de ses produits à une entreprise qui permet à des personnes handicapées d’intégrer le marché du travail.

Ce partenariat social est une forme de philanthropie nouveau genre qui s’applique autant au secteur privé qu’au secteur public. C’est avec ce principe que j’ai jumelé l’arrondissement de Rosemont-La-Petite-Patrie avec le Groupe Information Travail et les Ateliers d’Antoine, des entreprises d’insertion socioprofessionnelle qui ont une expertise en ébénisterie, pour réaliser le projet de transformation de frênes infestés par l’agrile en mobilier urbain.

Sans dénigrer la philanthropie traditionnelle, cette approche complémentaire propose un rapport différent entre l’entreprise privée et l’organisme soutenu. Nous changeons le rapport donateur/bénéficiaire en un partenariat d’affaires valorisant pour les deux parties et qu’on souhaite durable. L’entreprises privée soutient une cause sociale à travers ses projets et opérations courantes, et l’entreprise d’économie sociale diversifie ses sources de revenus ce qui lui donne une plus grande stabilité tout en offrant des plateaux de travail intéressants à ceux qui participent à ses programmes.

Ronald Jean-Gilles est le fondateur de Projets écosociaux, une initiative à travers laquelle il tisse des liens entre les entreprises d’économie sociale et les organisations privées ou publiques par la réalisation de projets créatifs, novateurs et socialement responsable

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