Ce jeune organisme montréalais « recycle » des frênes malades en voiliers afin de créer des liens entre les citoyens et de valoriser l’accès au fleuve.

« Changer le monde un bateau à la fois », c’est le mot d’ordre que s’est lancé Yves Plante, un navigateur, qui a fondé l’organisme Jeunes Marins Urbains au printemps 2015. Ainsi, dans le cadre de la seconde édition du Défi Jeunes Marins Urbains qui se tient jusqu’au 24 juillet au Village du Pied-du-Courant, Yves Plante et son équipe invitent les Montréalais à participer à la construction d’un voilier-aviron. « Ce qui est intéressant, c’est qu’avant de participer au défi, un grand nombre de participants n’avaient jamais tenu un outil de leur vie. Il y a tout un volet pédagogique qui est très enrichissant », explique Yves Plante. La construction de ces voiliers, qui sont composés à 95% de bois de frêne et de nylon balistique, est rendue possible par le don en frênes touchés par l’agrile, de la part de l’arrondissement Côte-des-Neige/Notre-Dame-de-Grâce.

L’idée a pris forme à l’été 2010 lorsque Yves Plante a lancé à sa fille le défi de construire un voilier de A à Z. Durant trois mois, ils ont travaillé pour réaliser deux objectifs : construire un bateau, mais aussi naviguer avec. « Je n’avais jamais construit de bateau – et ma fille non plus ! – mais nous nous en sommes donné les moyens. » Grâce à cette expérience, Yves Plante a développé un modèle de bateau en kit qu’il souhaitait commercialiser. Néanmoins, il change d’avis en réalisant que l’expérience humaine qu’il avait vécue dépasse le côté commercial que pourrait susciter un tel projet. « Construire ce premier bateau a permis de créer des liens très forts avec ma fille et je voulais recréer cette expérience à une plus grande échelle. »

 

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À l’été 2012, Yves Plante, décide de partager une première fois son expertise en organisant un camp de voile avec des jeunes Innus de Uashat mak Mani-Utenam (région de Sept-îles). Il s’agissait du premier camp de voile autochtone au Québec. Entre 2013 et 2014, le projet et les objectifs se précisent : la construction de bateau devient un outil pour permettre à un groupe de jeunes de se dépasser autour d’un objectif commun. Des organismes communautaires comme Boulot Vers et les Ateliers Bon Débarras se greffent au projet et c’est ainsi que le collectif Jeunes Marins Urbains voit le jour. Au printemps 2015, grâce à une implication citoyenne de en plus grande et l’aide de l’entreprise Hunt Refrigeration qui commandite et transforme un conteneur maritime pour en faire le premier atelier mobile dédié à la construction artisanale de voile-aviron, le premier Défi Marins Urbains est organisé. En trois semaines, on y construit un voilier-aviron pouvant accueillir jusqu’à 12 personnes et qui sert ensuite à donner des cours de navigation.

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Pour Yves Plante, l’idée est ainsi d’utiliser la construction navale comme outil de rapprochement social. « Il y a toute sorte de personnes qui participent au défi : des architectes, des infirmières, des étudiants… Cela permet de rassembler des gens qui ne se seraient jamais fréquentés autrement ; et c’est une des choses qui me rend le plus fier ». Grâce au Défi Marins Urbains, Yves Plante espère également raviver l’intérêt des Montréalais envers le fleuve. « Montréal est une île et il est important que les habitants se réapproprient cet espace naturel. Dans un futur plus ou moins proche, notre objectif est de développer le défi dans différentes zones de la ville et d’organiser des activités comme des camps de jour afin de redonner l’accès au fleuve aux citoyens. »

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