Du partage d’objets à celui d’espaces de travail, la première cartographie de l’économie collaborative au Québec recense plus de 170 «initiatives».

Cette cartographie, dévoilée mercredi soir par OuiShare, une communauté internationale dédiée à l’économie collaborative, rend compte des secteurs les plus dynamiques au Québec. Parmi les 16 étudiés, trois s’imposent : le partage d’espaces de travail (coworking) comme le proposent des lieux tels que la Maison Notman, l’Esplanade ou Bkr (photo), les initiatives de troc et de partage de biens, à l’image de Kijiji ou Troc tes Trucs, ainsi que les initiatives liées à l’alimentation comme La Centrale culinaire ou Cooked4U. En revanche certains domaines, comme celui de la logistique dite du dernier kilomètre, ou du partage de connaissances, sont très peu touchés par le collaboratif au Québec alors qu’ils sont en pleine effervescence en Europe.

« Les initiatives lancées au Québec sont essentiellement des initiatives citoyennes et des startup très récentes liées à l’économie sociale. Cet écosystème est donc plutôt vulnérable face aux grandes plateformes qui viennent d’Europe ou des États-Unis », explique Alexandre Bigot, connecteur de OuiShare pour le Québec. Inspiré par le modèle de cartographie Honeycomb, qui répertorie les startups les plus influentes au monde, la cartographie OuiShare est open-source, cela signifie que les données collectées sont ouvertes et consultables librement. De plus, elle recense autant les grands joueurs de l’économie collaborative présents au Québec, comme Uber ou AirBnb, que des initiatives locales et directement liées à l’économie sociale comme BonApp ou Maferme.

trade

Parmi les initiatives recensées, Tradegoodz, qui permet de troquer ses biens.

Cette cartographie, qui prend la forme d’un répertoire en open-source, se veut une source d’inspiration autant pour le secteur privé que public. « Le Québec pourrait se positionner et favoriser l’émergence d’initiatives locales pour s’assurer que les richesses produites seront bien distribuées localement », affirme Alexandre Bigot. « En effet, on voit maintenant que les plateformes capables de concurrencer Uber ou Airbnb sont les celles qui partagent plus, que l’on parle ici de gouvernance et même de partage de leurs bénéfices.  Ces plateformes sont souvent dédiées à une communauté locale et se rapprochent du modèle de coopérative, comme La Zooz, une plateforme de covoiturage à Tel Aviv, possédée par sa communauté. Ces entreprises se basent sur des technologies innovantes et ont besoin d’être soutenues dès leurs débuts. »

Pour Alexandre Bigot, cette cartographie, réalisée en collaboration avec l’Observatoire de la consommation responsable et Protégez-vous, est annonciatrice de développements futurs. « Ce travail constitue une première étape de mise à disposition des données. Nous comptons ensuite créer une plateforme dynamique où les initiatives pourraient s’enregistrer d’elles-mêmes et les citoyens les commenter. » D’ici là, les organisations qui souhaitent faire partie de la cartographie ou y apporter une modification peuvent écrire à montreal@ouishare.net.

boom

Boom, un espace de co-working destiné aux professionnels avec enfants.

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