Connus pour leurs activités culturelles et citoyennes tenues dans le Mile-End, à Montréal, Les Amis du Champ des Possibles sont aussi à l’origine d’un mode de cogestion unique d’un espace public avec une municipalité. Rencontre avec le président et cofondateur Marke Ambard.

 

Les Amis du champ des possibles a développé un nouveau modèle de cogestion avec la Ville de Montréal. Expliquez-nous en quoi il consiste.

Depuis 2009, le Champ des possibles a développé une vision innovante de réappropriation des terrains vacants urbains. Cette vision axée sur la conservation et la mise en valeur du site a permis de faire classer « zone verte » cette zone du Mile-End et de signer un accord officiel de cogestion avec l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal en 2013. Cette innovation majeure dans la gouvernance d’espace public nous positionne comme le lien permanent entre les visions citoyennes et municipales.

Le Champ des possibles est la fois une source d’inspiration pour les artistes, un lieu pour pique-niquer, jouer et s’éduquer sur la faune et la flore, tout en étant un point de rencontre pour divers événements sociaux et culturels. C’est également un lieu de transit entre le Mile-End et le Plateau Mont-Royal pour les cyclistes et les piétons.

Côté écologique, la biodiversité du Champ ne cesse d’augmenter. Nous avons vu y réapparaître des espaces végétales et animales, comme le faucon pèlerin, qui avaient disparu de cette zone. D’un point de vue social, notre travail a permis de resserrer les liens entre la communauté, de véritables relations se sont nouées entre les résidents du quartier mais aussi entre les citoyens qui gravitent autour du Champ. Cela prouve également que la cogestion d’un espace public entre un arrondissement et une organisation citoyenne est réalisable.

 

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Vous menez actuellement une campagne de socio-financement : quel en est l’objectif exactement?

En novembre, nous avons eu des complications avec l’une de nos sources de financement. Nous avons donc décidé d’aller de l’avant et de lancer une campagne de sociofiancement. Débutée le 9 mars avec un objectif de récolter 10000$, que nous avons réussi à atteindre assez rapidement, la campagne en est à une seconde phase: nous avons décidé de nous donner un nouveau défi, cette fois d’amasser 20 000$ d’ici au 10 avril.

Le sociofinancement est une façon parmi d’autres de développer un projet citoyen comme le notre. Cette campagne ne va pas combler tous nos besoins mais elle va apporter un  support financier essentiel à la poursuite de notre mission de protection et de mise en valeur du Champ des possibles, reconnectant les citoyens avec la nature en ville. Les contributions permettront d’agir sur trois volets : la conservation d’une biodiversité unique en milieu urbain, la valorisation d’un lieu public à usage multiple, et faire émerger notre modèle unique d’innovation sociale et environnementale.

 

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Quelles sont les prochaines étapes du développement du Champ des possibles ?

L’idée est de pérenniser l’espace, de le garder sauvage, naturel ainsi que préserver et augmenter la biodiversité – une des tendances phares de ces prochaines années avec l’agriculture urbaine. L’important est de conserver la nature en ville, élément crucial pour le bien-être du quartier et de ses résidents. L’objectif est aussi de véhiculer le plus possible ces pratiques socio-environnementales auprès de l’arrondissement pour qu’on les y applique de plus en plus.

Nous allons également livrer cet automne au Ministère de l’environnement du Québec un plan de réhabilitation qui traite de la décontamination du passé industriel de cette zone. Une fois que le ministère aura donné son approbation et que nous serons parvenus à un niveau acceptable de décontamination des sols, nous pourrons travailler à l’application d’un plan de réaménagement avec l’arrondissement.

Nous souhaitons également que l’arrondissement s’occupe de toutes les zones abandonnées du quartier pour les transformer en espaces publics verts. Nous sommes souvent sollicités pour soutenir des projets, comme récemment à Pierrefond, confronté à un enjeu similaire au nôtre car lié à la protection et la conservation d’une zone verte sur l’île de Montréal. Nous avons donc participé aux discussions relatives aux activités d’inventaires et de protection des espèces de ce secteur. Nous donnons également des conférences dans plusieurs écoles, organisations et institutions montréalaises, québécoises et européennes qui s’intéressent à notre démarche. Nous devons créer des liens avec les espaces verts d’autres quartiers et d’autres régions, cela nous permet de bonifier notre modèle!

 

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