Dès le 29 février, la ville de Beauharnois instaurera un système de transport collectif local entièrement gratuit.

« Cette initiative va permettre de relancer l’activité économique du centre-ville, diminuer les dépenses énergétiques de nos concitoyens tout en leur permettant d’avoir accès à un moyen de locomotion moins polluant», explique Claude Haineault, maire de cette municipalité de 12 000 habitants. Au total, le circuit compte 63 arrêts en direction est et 64 arrêts en direction ouest, tous situés à moins de 500 mètres de marche pour les usagers. « Nous avons une population vieillissante, avec peu de revenus, et ce système de transport en commun leur permettra de se rendre dans toute la ville sans utiliser leurs voitures et ce gratuitement. Au début nous avions prévu une gratuité seulement pour les jeunes et les aînés, mais on s’est rendu compte que cela ne coûterait pas si cher d’élargir cette offre à l’ensemble de la population », ajoute-t-il.

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Claude Haineault, maire de Beauharnois

Le développement économique municipal et une volonté d’intégrer l’ensemble de la population à la vie économique de la ville sont les raisons principales qui ont poussé l’administration à agir. « Auparavant il y avait système de transport en commun qui desservait uniquement la ville de Montréal mais il n’y avait pas de bus qui couvrait notre territoire. Nous avons tenu une consultation populaire l’année dernière et nos citoyens étaient favorables à une telle initiative. Le développement économique de la ville, tout comme le renouvellement du tissu urbain, ne pouvaient pas se faire sans un système de transport en commun interne. L’ouverture prochaine d’un centre d’achat et d’un parc industriel va générer près d’un millier de nouveaux emplois, ce qui rendait ce projet d’autant plus nécessaire ».

Après la ville de Sherbrooke qui a instauré la gratuité des transports en commun depuis plusieurs années auprès de plus de 40 000 étudiants, Beauharnois n’est pas la première municipalité québécoise à instaurer cette gratuité des transports. «Les villes de Chambly et de Sainte-Julie l’ont fait avant nous », précise le maire. À ces deux villes s’ajoutent Richelieu, Carignan, Candiac, La Prairie et Saint-Philippe. « Je ne sais pas si cela serait adaptable à une plus grande municipalité ou à une ville comme Montréal. Ce projet est possible parce que les coûts sont faibles et qu’il s’agit d’un seul bus qui sillonne la ville pour un circuit d’une durée de 80 minutes. » Le coût annuel du projet est de 360 000$, dont la moitié est subventionnée par le Fond Vert et 40 000$ ont été financés en majeure partie le groupe Harden et Canac, ce qui revient à coût annuel de 120 000$ pour la ville. Le maire Claude Henault vise 20 000 passagers au cours de cette première année.

 

L'équipe municipale de la ville de Beauharnois lors de l'inauguration du projet

Bill Harden, président du groupe Harden – Claude Haineault, maire de Beauharnois – Simon Goudreault, directeur des affaires de Canac

 

La gratuité des transports fait aussi des émules dans des municipalités plus grandes comme à Québec où une association réclame la gratuité des transports notamment pour des questions de lutte contre la pollution et de justice sociale. On retrouve également des initiatives du même genre dans les villes de Toronto et Vancouver alors que quelques municipalités américaines, telles que Hanover au New Hampshire et Chapel Hill en Caroline du Nord, l’ont déjà instaurée. Le 1er Janvier 2013, Tallinn, la capitale de l’Estonie, forte d’une population de plus de 400 000 habitants, est devenue la plus grande ville du monde à rendre le transport en commun gratuit. Depuis que la ville a commencé cette expérience, l’un des avantages les plus marqués de la première année a été une forte augmentation de l’achalandage dans un quartier périphérique pauvre à forte densité de population. La gratuité du transport est devenu un moyen d’intégrer les quartiers avec des taux de pauvreté ou des densités de population élevés, qui sont exclus de la vie économique et culturelle de la ville.

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