Alors que Moisson Montréal annonçait cet été l’expansion à l’ensemble du Québec de son programme de récupération en supermarchés, Julie Bourbonnière, directrice des communications et marketing, aborde les avancées du projet.

Votre objectif est de rallier, d’ici à 2017, 210 supermarchés au programme de récupération des invendus alimentaires. Quelles sont vos stratégies pour atteindre cette mobilisation?
Nous travaillons déjà avec deux grandes chaînes, Loblaw (Maxi, Provigo et Loblaw) et Métro (Super C et Metro). Nous souhaitons également amorcer de nouvelles collaborations avec Sobeys et Walmart. À ce jour, 83 supermarchés à Montréal participent au programme et des projets pilotes ont débuté en Estrie, à Québec et à Sept-Îles. Nous développons aussi d’autres types de collaborations, comme c’est le cas avec le projet de Sept-Îles, qui a été initié par l’organisme en sécurité alimentaire local le Comptoir alimentaire de Sept-Îles (CASI) et non par un organisme Moisson régional. La région de Sept-Îles ayant subi plusieurs pertes d’emploi, le CASI recevait énormément de demandes pour mettre en place un système de récupération semblable à celui de Moisson Montréal; les épiciers et les entreprises de la localité se sont mobilisés pour soutenir la population. Moisson Montréal a donc offert son expertise pour développer un projet pilote de récupération dans les supermarchés.

Concrètement, qu’est-ce que la participation au programme de récupération implique pour les supermarchés ?
La récupération dans les supermarchés ne nécessite pas de changement en termes d’équipement ou de logistique pour les détaillants. La préparation du projet pilote se fait en deux ou trois mois; nous évaluons alors les installations des épiciers impliqués et le nombre d’employés qui seront formés. C’est aussi une période de recherche de financement. Ensuite, les employés des supermarchés et des Moisson régionaux (il y a 19 Moisson au Québec) reçoivent une formation sur les procédures à mettre en place. Le projet pilote peut ensuite débuter dans deux ou trois magasins pour valider notamment le processus de traçabilité des aliments et optimiser la récupération. Cette phase de test dure entre trois et six mois; une fois terminée, le déploiement du programme dans la ville ou la région peut commencer, avec l’ajout progressif de nouveaux supermarchés. Finalement, nous nous chargeons de trouver des débouchés aux produits alimentaires, c’est-à-dire des organismes qui distribueront les denrées et, dans le cas de récupération de la viande, la transformeront en repas pour ensuite les répartir aux personnes dans le besoin.

Quels sont les principaux défis du déploiement à travers le Québec?
Certaines des étapes prennent plus de temps qu’anticipé, notamment la période de formation à la technologie qui permet de retracer les aliments. Mettre tout le monde au même niveau est un défi en soit. Le financement des Moisson est aussi un enjeu: nous voulons développer un financement global, plutôt que par région, pour faciliter l’expansion à travers le Québec.

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