Dans le cadre d’un premier classement des grands groupes agroalimentaires en matière de responsabilité sociale, Oxfam pointe du doigt plusieurs géants du secteur, dont Kellogg’s et General Mills.

L’étude, intitulée "La face cachée des marques", se concentre sur les 10 géants du secteur agroalimentaire, toutes détentrices de nombreuses et répandues marques d’alimentation: Associated British Foods (ABF), Coca-Cola, Danone, General Mills, Kellogg’s, Mars, Mondelez, Nestlé, Pepsico et Unilever.

L’organisme y évalue plusieurs aspects des politiques sociales et environnementales pratiquées par ces entreprises, notamment: les garanties pour les droits des travailleurs et des agriculteurs qui cultivent leurs matières premières, les mesures de protection des droits des femmes, la gestion des ressources foncières et hydriques, les politiques face au changement climatique et la transparence de leurs chaînes d’approvisionnement. "Leurs politiques ne sont pas adaptées à notre époque et un remaniement général s’impose", indique l’organisation internationale.

Parmi quelques-uns des principaux constats:

  • Ces entreprises ne se seraient pas dotées de politiques permettant de protéger les communautés locales contre les accaparements de terres et d’eau. Pourtant, toutes achètent des matières premières — huile de palme, soja, sucre… — dont la production donne souvent lieu à des violations de droits fonciers, précise l’organisme. Aucune ne prônerait la tolérance zéro contre les accaparements de terres dans sa chaîne d’approvisionnement.
  • Les dix groupes sont "excessivement opaques" quant à leurs chaînes d’approvisionnement agricoles, ce qui rendrait leurs déclarations en matière de responsabilité sociale difficiles à vérifier. A cet égard, Nestlé et Unilever feraient preuve de la plus grande transparence quant aux pays où ils s’approvisionnent.  
  • Bien que ces entreprises considèrent réaliser des efforts pour réduire leur consommation d’eau, la plupart n’ont pas mis en place de politiques formelles limitant leur incidence sur les sources d’eau locales. Pepsi serait sur la bonne voie en ayant publiquement reconnu l’eau comme un droit fondamental et s’étant engagée à consulter les communautés locales. Nestlé aurait pour sa part élaboré des directives sur la gestion de l’eau à l’intention de ses fournisseurs et se classe au premier rang pour ses politiques en la matière.
  • Le document mentionne que toutes ces entreprises ont pris des mesures en vue de réduire leurs émissions GES directes, mais que seulement cinq d’entre elles — Mondelez, Danone, Unilever, Coca-Cola et Mars — rendent compte des émissions GES agricoles liées à leurs produits.  
  • Unilever serait la seule à s’être engagée à réduire de moitié ses émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2020.

Le rapport stipule aussi que les entreprises ne se sont pas engagées publiquement à payer un prix équitable aux agriculteurs ou à leur accorder des conditions commerciales plus justes. Seule exception: Unilever, qui se classe en haut du classement en matière de relations avec les cultivateurs, aurait établi des directives précises à l’intention de ses fournisseurs afin d’adresser des problèmes auxquels les agriculteurs font face.

"Reconnaissant l’intérêt du développement durable, certaines entreprises ont pris des engagements importants et louables, dit Jeremy Hobbs, directeur général d’Oxfam International. Mais aucune d’entre elles ne progresse assez pour rompre avec une tradition qui leur permet de tirer parti d’une main-d’œuvre et de terres bon marché, pour réaliser des bénéfices colossaux et fabriquer des produits consommation à un coût inacceptable pour l’environnement et la société. Aucune n’obtient de bons résultats globaux. Ces dix sociétés doivent toutes en faire beaucoup plus."

Au bas du classement figurent ABF, Kellogg’s et General Mills qui affichent les politiques les plus "faibles", contrairement à celles de Coca-Cola, Unilever ou Nestlé, en haut du classement. Une campagne mondiale visant à encourager les consommateurs à prendre action contre ses marques est actuellement déployée. 

Pour consulter le rapport, cliquer ici

Oxfam veut notamment faire pression sur Nestlé, Mars et Mondelez pour que ces trois groupes prennent davantage en considération les conditions féminines dans leurs chaînes d’approvisionnement en cacao.

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