Alors que 2012 aura été riche en annonces et initiatives "durables", Novae vous propose un résumé de l’année en dix coups de coeur.

1 – Une norme pour les décideurs québécois
Dans la continuité de la norme en développement durable BNQ 21000 dévoilée l’an dernier, le Bureau de normalisation du Québec (BNQ) lançait cet automne une série d’outils en vue d’en faciliter l’adoption par les entreprises. Activités de sensibilisation, outils d’auto-évaluation et autres ouvrages de référence composent ainsi la Méthode BNQ 21000 dont l’objectif est d’aider les décideurs en entreprises d’accélérer l’implantation des pratiques de développement durable dans leur organisation. Une version "simplifiée" pour les PME de 50 employés et moins est attendue pour l’été 2013.

2 – Des événements de plus en plus responsables
Le développement durable gagne la plupart des secteurs, y compris celui de l’événementiel, particulièrement riche au Québec. Le Conseil québécois des évènements écoresponsables organisait en avril son premier gala des prix Vivats, visant à distinguer les événements organisés de façon responsable. Le Festival de Montgolfières de Gatineau, la Coupe Rogers et le Forum québécois sur l’énergie figurent parmi les lauréats de cette première édition. Des prix sont entre autres décernés pour la gestion des matières résiduelles, l’alimentation et l’engagement socio-économique.

3 – Vers un transport électrique structuré
Le transport électrique a gagné du terrain en 2012: depuis l’inauguration du Circuit électrique, en mars, plus d’une centaine de bornes ont été mises en service, notamment au sein d’entreprises partenaires, dont Rona, St-Hubert et Métro. Selon Hydro-Québec, près de la moitié des conducteurs de véhicules électriques se sont procuré une carte de recharge. Les premières bornes installées dans les rues de Montréal devraient voir le jour en 2013.

4 – Un code d’éthique pour les professionnels
Alors que le secteur du développement durable gagne en maturité, de nouveaux cadres de référence apparaissent également. Cela a notamment été le cas de l’Association des professionnels en développement durable (Aprodd), qui se dotait cette année d’un code d’éthique. Objectif : proposer un cadre de référence commun à tous les praticiens du secteur en matière d’éthique et d’exemplarité.

5 – Les "éco-modèles" d’affaires de l’avenir
Plus de 200 professionnels ont participé à la première édition de la conférence Momentum, consacrée aux nouveaux modèles d’affaires écoresponsables. Décideurs au sein de grandes entreprises et de PME, consultants et autres spécialistes du secteur ont participé aux réflexions sur les façons de transformer les modèles d’affaires des entreprises québécoises. Parmi les invités, quatre "starts-up de l’éco-innovation" – Enerkem, Fermes Lufa, Lito Green Motion et Haricot – ont particulièrement séduit le public. Leur point commun: être en voie de transformer leurs industries en basant leur modèle d’affaires sur les principes d’éco-innovation.

6 – S’attaquer à l’empreinte carbone
Tandis que la lutte contre les GES demeure un enjeu prioritaire, le Québec prépare la mise en place d’un système de certification de l’empreinte carbone des produits. Dix entreprises, dont Bell, Alcoa et Rio Tinto Alcan, participent au projet-pilote d’Empreinte carbone Québec, lancé par le gouvernement du Québec au printemps. L’objectif: instaurer un système reconnu permettant aux entreprises du Québec d’afficher les émissions de GES émises par leurs produits et services tout au long de leur cycle de vie. Plusieurs pays d’Europe, dont la France, le Royaume-Uni et la Suède, ont déjà des démarches similaires. Parallèlement, Québec adoptait officiellement sa réglementation permettant de mettre en œuvre son marché du carbone, effectif à compter du 1er janvier 2013.

7 – B Corp: redéfinir le rôle de l’entreprise
Cet automne, la firme de services-conseils en développement durable Takt-Étik devenait la première entreprise au Québec à obtenir la certification en responsabilité sociale Corporation B (ou B Corp). Cette certification, créée par l’organisme américain B Lab, évalue les pratiques des entreprises sur 4 grands axes: gouvernance, relation avec les employés, relation avec les communautés et impact sur l’environnement. En visant la structure même de l’entreprise, ce réseau grandissant veut démontrer qu’il est possible de "gérer autrement". La communauté B Corp compte plus de 650 entreprises dans le monde, dont Patagonia, Ben&Jerry’s, Biomimicry 3.8…

8 – Lier culture et développement durable
La culture, pilier souvent délaissé des plans de développement durable, s’est vue intégrée dans quelques initiatives cette année, dont le portail Montréal Arts-Affaires. Initié par la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, avec le Conseil des arts de Montréal, ce site Web veut encourager les partenariats entre les artistes, organismes culturels et entreprises. Les organismes culturels peuvent par exemple y apprendre comment constituer un conseil d’administration, faire le bilan des compétences bénévoles recherchées ou encore comment faire du réseautage avec les gens d’affaires. De leur côté, les gens d’affaires peuvent y trouver de l’information à savoir comment soutenir la culture et les arts montréalais, que ce soit par le biais de financement ou de bénévolat, ainsi que les avantages fiscaux qui y sont rattachés. Une initiative qui s’inscrit parfaitement dans la suite de l’Agenda 21 de la Culture, adopté par Québec à la fin de 2011.

9 – Gestion de l’eau: le prochain défi
A l’instar de la lutte contre les émissions de gaz à effets de serre, l’enjeu de l’accès à une eau de qualité sera l’un des prochains défis majeurs que nos sociétés devront relever. En mars, l’Institut international de l’aquaresponsabilité municipale (IIAM), nouvellement créé et établi à Québec, se donnait pour mission d’encourager les villes à mieux gérer l’utilisation de l’eau. Son mandat: encourager les villes du monde à améliorer leur performance et leur efficience en matière de gestion de leur ressource en eau afin d’en assurer la pérennité, le partage et une utilisation équitable. Un programme international de certification en aquaresponsabilité, actuellement en cours d’élaboration à l’IIAM, permettra en outre aux municipalités de faire valoir leur bonne gestion de l’eau.

10 – Mobilisation citoyenne pour le bien commun
A l’occasion du Jour de la Terre, le 22 avril, "le plus grand rassemblement sur l’environnement de l’histoire du Québec" s’est tenu à Montréal et ailleurs au Québec: quelque 250000 personnes ont défilé dans les rues afin que l’on prenne davantage soin du bien commun. Si groupes environnementaux, organisations syndicales et artistes étaient à l’origine du mouvement, plusieurs personnalités publiques et gens d’affaires s’y sont également joints en signant la déclaration rédigée pour l’occasion. Parmi eux, Christian Yaccarini (Société de développement Angus), Clément Guimond (Caisse d’économie solidaire), Luc Rabouin (Centre d’écologie urbaine), Pierre Batellier (HEC Montréal), qui attestaient: "Nous nous rassemblons parce que nous croyons qu’il est possible / De nous développer selon un modèle / Qui soit une source d’enrichissement réel, de progrès et de fierté / Et une source d’inspiration pour le monde entier."

Vidéo de la mobilisation du 22 avril 2012. 

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