Innoventé: biotech du renouvelable
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Richard Painchaud, président d'Innoventé. -
L'usine d'Innoventé à St-Patrice-de-Beaurivage.
Innoventé transforme une problématique environnementale -- la gestion des matières résiduelles -- en énergie propre et renouvelable. Son modèle d’affaires repose sur une innovation technologique à la frontière de la biotechnologie et des technologies énergétiques de pointe.
L’usine d’Innoventé à St-Patrice-de-Beaurivage pourra bientôt recevoir de la biomasse résiduelle (matières putrescibles, boues municipales, fumiers, etc.) afin de la transformer en biocombustible. La spécificité du processus mis en place par la PME est l’utilisation du bioséchage: ce sont des micro-organismes déjà présents dans ces déchets qui assèchent naturellement la matière.
La PME fondée en 2004 détient en effet les brevets sur un procédé de production de combustible à partir de biomasse résiduelle humide –- c’est-à-dire sans apport énergétique traditionnel. Le biocombustible qui en résulte est utilisé pour produire de l’électricité dans une centrale de cogénération où la chaleur peut être récupérée, pour la culture en serre par exemple.
Derrière cette recette de micro-organismes savamment concoctés en fonction du type de biomasse, il y a un entrepreneur: Richard Painchaud, un microbiologiste actif dans le milieu environnemental depuis une vingtaine d’années. "Le compostage fonctionne bien, mais on en produit trop ; il s’accumule au point où il faut l’ensevelir. J’ai donc cherché une solution pour traiter ces matières. Actuellement, le fumier ou les boues résiduelles d’abattoirs sont utilisés en épandage dans les champs, ce qui occasionne de nombreux problèmes, tels que les excès de nutriments dans les cours d’eau." L’entrepreneur y a décelé une opportunité d’affaires unique. "Si la biométhanisation est une technologie mature, Innoventé aborde cette même matière organique dans un contexte énergétique différent. En faisant abstraction de l’eau qu’elle contient, la matière renferme suffisamment de carbone pour devenir un excellent combustible. Au lieu de laisser les dépotoirs digérer ces matières pour produire un biogaz, on la conserve pour séchage. C’est une source d’approvisionnement abondante que nous sommes les seuls à pouvoir exploiter pour produire de l’énergie utile."
Richard Painchaud souligne que le procédé de séchage a un bilan énergétique de zéro, puisque seule l’action des micro-organismes chauffe la matière. "Avec le bon dosage, on réussit à accélérer la multiplication des micro-organismes et, plus ils sont actifs, plus ils produisent de chaleur." Autres avantages: cette approche est six fois moins chère que les autres technologies de séchage et elle n'utilise pas de combustibles fossiles.
Innoventé doublera son équipe à 35 employés quand elle commencera à vendre de l’électricité en septembre 2012. Hydro-Québec achètera l’énergie produite pour une période de 25 ans. La PME engendrera alors ses premiers revenus: 75% d’entre eux proviendront de la vente d’électricité, tandis que le reste sera issu de la production de chaleur. Ce premier contrat de 140 millions de dollars avec Hydro-Québec prévoit la production de 4,6 MW d’électricité par année, soit l’approvisionnement d’environ 8000 habitants. À l’usine de Saint-Patrice, ce sont les fumiers et les résidus de la région qui seront utilisés. "On fait d’une pierre deux coups puisque l’on règle les enjeux de gestion des déchets localement." Il y aurait un potentiel de 100 usines au Québec et de 5000 en Amérique du Nord.
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