Theobroma Chocolat mise sur l'équitable et le biologique
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Josée Vigneault et Jean-René Lemire, cofondateurs de Theobroma Chocolat. -
Les chocolats Theobroma, certifiés biologiques.
Depuis quatre ans, l’entreprise de Québec Theobroma Chocolat se développe sur le marché du chocolat équitable et biologique. Parcours de deux entrepreneurs faisant coïncider valeurs personnelles et succès en affaires.
Fondée en 2006 dans la région de Québec, Theobroma Chocolat est spécialisée dans l’élaboration et la fabrication de chocolats biologiques et équitables haut-de-gamme. Au cœur de la démarche de Josée Vigneault et Jean-René Lemire, couple dans la vie et co-fondateurs de l’entreprise, deux mots: plaisir et santé. Si l'entreprise mise sur l'utilisation de matériaux "écologiques" (par exemple, les emballages en carton sont faits entièrement à partir de fibres post-consommation), elle se démarque surtout en étant aujourd'hui propriétaire de la première usine de transformation biologique au Canada à être certifiée Ecocert. Le mantra des deux entrepreneurs : être constamment à la recherche de nouveautés susceptibles de favoriser un développement durable tout en satisfaisant le goût des épicuriens. "Avant même d’être totalement certains que le chocolat serait notre créneau, nous savions que nous voulions développer des produits bons pour l’humain et l’environnement, explique Jean-René Lemire, vice-président. L’option du biologique a alors été retenue comme avenue dès le départ. Pour nous, cela allait de soit: il s’agissait d’être en accord avec nos valeurs."
Ingénieure de formation, Josée Vigneault était depuis toujours une passionnée de chocolat. C’est de cette passion, devenue un projet commun, qu’est née l’entreprise. "Dès le départ, il était convenu que je me joigne au projet, mais c’est vraiment Josée qui a d’abord fait lever le projet, mobilisé les intervenants, fait ce qu’il fallait pour que l’idée devienne réalité."
C’est au moment d’une réorganisation de carrière que le couple décide de faire le saut avec pour motivation de se créer des emplois à la hauteur de leurs ambitions. "Nous voulions nous créer des emplois que nous aimerions, et devenir maîtres de notre destinée ; nous assurer d’optimiser et de maximiser nos potentiels tout en valorisant nos talents. Concrétiser une idée, des valeurs, c’est très enrichissant: le sentiment d’accomplissement est énorme. Avoir du plaisir en travaillant, c'est ce qui nous permet de dépasser toujours les limites et relever les défis. Parce que bien sûr, il y en a eu des défis!"
Au moment du démarrage, les entrepreneurs ont reçu le soutien des Centres locaux de développement de leur région. Puis, une fois des bases solides mises en place, ils ont obtenu l’aide du gouvernement du Québec. Si bien que, même si les contraintes liées au bio étaient plus grandes à l’époque, l’entreprise a pu prendre son envol. "Ce n’est jamais facile de démarrer une entreprise, mais notre secteur est particulièrement compétitif, il faut être prêt à toujours se remettre en question. Le défi d’innovation est constant: il nous faut innover continuellement et avoir l’audace d’oser. La menace de se faire avaler par les plus gros doit toujours être repoussée."
Est-ce que l’obtention de la certification Écocert a constitué un défi important? "Outre notre usine de transformation, c’est l’ensemble de notre plan de production qui est certifié Écocert. Et contrairement à ce qu’on pourrait penser, la certification n’a pas été particulièrement longue ou ardue à obtenir. Bien sûr, remplir toute la documentation nécessaire pour assurer la conformité des produits représente son lot de travail, mais c’est utile. Et si, au début, trouver des ingrédients 100% biologiques peut être long, une fois cela fait, les choses sont facilitées."
En outre, la question de certifier ou non leurs produits ne s’est même pas posée pour les entrepreneurs chocolatiers. Obtenir la certification Écocert, cela signifiait s’associer à la notoriété de ce label, et aussi faire reconnaître la valeur de leurs démarches. "La famille de ma conjointe, composée en partie d’acériculteurs et d’agriculteurs, s’est depuis longtemps mise au bio, bien avant que ça devienne connu comme ça l’est aujourd’hui. Pour nous, c’était une simple continuation des traditions." Avec la certification, l’intégrité biologique des aliments est assurée et la traçabilité garantie grâce à des audits qui ont lieu deux fois par année. Écocert procède à l’échantillonnage et l’analyse et s’assure que les cultures visées respectent toutes les normes de l’agriculture biologique. Chaque composante de la chaîne d’approvisionnement se fait même auditer physiquement : du producteur maraîcher d’ici au producteur de cacao en Amérique centrale. "La traçabilité, du champs à l’assiette, c’est un travail de moine! concède Jean-René Lemire. Mais le jeu en vaut amplement la chandelle. Pour nous, l’approche biologique, c’est vraiment une école de pensée. Quand on croit à quelque chose on s’investit."
Alors que dès sa première année d’activité l’entreprise vendait près d’un million d’unités de son chocolat en barre, Theobroma Chocolat, qui compte dix employés, est aujourd'hui en pleine croissance. Distribuée partout au Canada, la PME vise de nouveaux développements et souhaite maintenant se positionner comme une référence mondiale en matière de chocolat, de plaisir et de santé. "On ne veut pas remplir les tablettes pour remplir les tablettes. Ce qui nous intéresse avant tout, c’est la valeur ajoutée, les produits innovants. Nous travaillons à partir de produits nobles que nous bonifions constamment tant au niveau du goût que de leur plus value environnementale."
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