Designs Leading Edge: un modèle d'affaires orienté vers la nature | Novae
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Sharron et Tom Littledeer, associés de Designs Leading Edge. -
Le toit solaire récemment installé par l'entreprise. -
Le toit solaire récemment installé par l'entreprise. -
Les ustensiles inspirés des pagaies de canot.
Cette entreprise spécialisée dans la fabrication d’ustensiles de cuisine en érable a souligné son 25e anniversaire en se dotant d’un toit solaire. Un geste important pour les deux cofondateurs de cette PME de Carignan qui ont toujours dirigé leur entreprise en tenant compte de leur sensibilité environnementale.
L’histoire de Designs Leading Edge est originale : en 1984, Tom Littledeer invente une pagaie incurvée, destinée à rendre plus facile la manoeuvre en canot. Ses recherches en hydrodynamique séduisent un fabricant de canots, qui décide d’assumer la production de ces pagaies nouveau genre. Tom Littledeer étend son concept en créant des pagaies miniatures qui deviennent, quelques années plus tard, toute une gamme d’ustensiles haut-de-gamme, aujourd’hui vendus un peu partout au Canada et aux États-Unis.
Depuis toujours, Tom Littledeer et sa femme – et associée – Sharron accordent une grande importance à la durabilité écologique. Bien avant la popularisation du concept de développement durable, le respect qu’ils ont pour la nature guidait leurs décisions d’affaires. "Nous nous sommes toujours sentis engagés envers les prochaines générations et l'avenir de la planète, dit Sharron Littledeer. Au départ déjà, à l’époque où nous fabriquions des pagaies, nous travaillions dans la nature, pour la nature. Et nous versions 10% de nos profits à des organismes de protection de la nature."
Ce respect de la nature les aura poussés au fil du temps à adopter différentes pratiques durables, de petite ou grande envergure. "Depuis nos débuts, le bois utilisé l’est dans son entièreté ; nous n’avons jamais jeté un seul morceau de bois, dit Tom Littledeer. Lorsque nous avons abandonné la fabrication de pagaies pour nous concentrer sur les ustensiles de cuisine en 1992, nous avons décidé, plutôt que de donner à des organismes de protection de la nature, de ré-investir nos profits dans l’écologisation de notre entreprise, d’où les panneaux solaires." En effet, pour célébrer le 25e anniversaire de Designs Leading Edge, les deux entrepreneurs ont équipé leur atelier de 50 panneaux solaires, créant ainsi la plus grande installation solaire privée au Québec. L’objectif est que cette installation puisse assurer l’autonomie énergétique de leur usine basée à Carignan, où ils emploient une dizaine de personnes.
Pourquoi avoir choisi le solaire plutôt qu’une autre forme d’énergie? "Nous souhaitions neutraliser notre bilan carbone de façon pratique et concrète, par un moyen qui nous permette d’effectuer nous-mêmes le suivi, dit Tom Littledeer. Nous avons considéré d’autres options, dont l’énergie éolienne, mais le soleil était encore ce qu’il y avait de mieux et de plus prometteur pour nous. Il faut dire que notre toit possède l’inclinaison et l’orientation parfaites, c’est un bon point de départ."
D’une valeur de 100 000$, l’installation solaire des Littledeer est composée de 50 panneaux polycristallins ; installés depuis moins d’un an, les Littledeer ne savent pas encore s’ils permettront de combler tous leurs besoins en électricité, mais ils l’espèrent, confiants. "Pour le moment, nous sommes en mode apprentissage, dit Tom. Notre objectif est de 'balancer' notre consommation d’énergie ; c’est un objectif que tout le monde devrait avoir. Si, comme en Ontario, le Québec payait 80 sous du kilowatt, cela donnerait un sérieux coup de main au développement de l’énergie solaire. Mais ce n’est pas le cas actuellement." Selon lui, de façon générale au Québec, il est difficile de parler de rentabilisation de l’énergie solaire. "Sur une période de 20 ans, on évalue le coût de production d'un kilowatt heure produit par l’énergie solaire à 0,30$ alors que le coût actuel de l’hydroélectricité est à moins de 0,10$."
Au-delà de l’équation économique, ce choix du solaire s’inscrit pour eux dans une démarche environnementale globale. "Maintenant que nous utilisons l'énergie solaire comme première source d'énergie, nous maximisons notre rendement et l'efficacité de nos équipements au maximum, dit Sharron. L’ensemble de nos opérations visent la durabilité: nous faisons du jardinage, nous recyclons, compostons et réutilisons au maximum tous les produits que nous utilisons. Pour le transport, nous choisissons les moyens les moins dommageables pour la planète. Par exemple, nous avons réduit la taille de notre véhicule d'affaires. Bref, l’énergie solaire n’est qu’un aspect d’une démarche environnementale plus vaste."
Pour les deux entrepreneurs, le fait que leur entreprise repose sur l’exploitation des ressources naturelles a grandement contribué à développer chez eux un fort sentiment de responsabilité envers l’environnement. C’est d’ailleurs cette logique qui les a fait choisir l’érable comme matière première. "Cette essence n’a que des qualités: c’est un produit durable, solide et local. A nos yeux il s’agissait du choix idéal pour la fabrication d'ustensiles de cuisine. De plus, nous achetons notre bois à des compagnies québécoises certifiées GoodFellow. Puis, tous les sous-produits du bois sont utilisés, notamment au jardin où la sciure compostée sert à la culture de champignons, que nous songeons d'ailleurs à commercialiser."
"Finalement, nous tentons toujours d’être gentils avec les gens et la nature, ajoute Tom. Penser nature dans chaque décision, c’est la base de notre entreprise, et cela nous a permis de prendre de bonnes décisions au fil du temps. L'idée est de continuer à démontrer que le développement durable peut et doit être appliqué dans les PME, que c’est rentable et profitable. Nous voulons servir d'exemple aux autres PME avec notre installation solaire et nous souhaitons que les entreprises pourront profiter de notre expérience et la reproduire."
Pour préserver la nature certes, mais aussi pour des questions d'efficacité et de sécurité, voire de pérennité des entreprises. "Nous avons subit la tempête de verglas de 1998, nous savons combien il est important pour un PME d'être capable d'opérer durant les urgences, dit Sharron. Il est fort probable que les changements climatiques vont occasionner des températures extrêmes, et toutes les PME devraient considérer les impacts reliés à leur sécurité."
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