Sacacomie: la forêt comme modèle d'affaires
-
L'hôtel est situé en plein coeur de la forêt. -
Réal Migneault, responsable du développement durable pour l’hôtel Sacacomie. -
L'hôtel est situé en plein coeur de la forêt. -
Le bois est omniprésent dans l'établissement. -
Le bois est omniprésent dans l'établissement. -
Pour la construction du spa, 85% du bois utilisé est certifié FSC.
Depuis près de 15 ans, l'Hôtel Sacacomie se développe dans le cadre enchanteur de la Mauricie, mettant la nature, et plus particulièrement la forêt, au centre de sa stratégie d’affaires. Sa récente participation à la Coalition Bois l’a même positionné parmi les porte-paroles de l’utilisation du bois comme moyen de lutter contre les changements climatiques.
L’Hôtel Sacacomie est un ambassadeur de choix pour la campagne Je touche du bois de la Coalition Bois Québec: les bâtiments du complexe hôtelier sont tous en bois. Joyce Plante, présidente de l’hôtel, est en effet devenue porte-parole de la coalition pour la Mauricie en mars 2010, faisant ainsi la promotion d’une démarche de construction responsable. "Il est important pour un donneur d’ouvrage ou un entrepreneur de pouvoir mettre un visage sur une telle approche : on est rassuré de savoir que d’autres sont passés par là. Un projet de construction en bois devient alors plus accessible", dit Réal Migneault, responsable du développement durable pour l’hôtel. Joyce Plante est bien connue dans la région, la renommée de la PME s'étendant bien au-delà de la Mauricie.
À la fin des années 1980, son défunt mari Yvon a acheté au gouvernement du Québec le terrain bordant le lac Sacacomie. Comme le Parc de la Mauricie et la Réserve faunique Mastigouche qui jouxtent le terrain, il s’agissait d’un club de pêche privé. Homme d’affaires de Montréal, Yvon Plante s’est un jour acheté un hydravion pour amener sa famille en pique-nique au lieu même où l’hôtel est construit. Il rêvait de pouvoir protéger ce milieu naturel unique et d’y établir une grande auberge en bois rond. Avec une promesse faite au gouvernement: il respecterait le milieu naturel. Un rêve devenu réalité: en 1996 débutait la construction d’un hôtel de 32 chambres. Aujourd’hui, le complexe hôtelier emploie 187 employés et une dizaine de saisonniers.
La direction a élaboré un Plan Intégré de Développement Durable (PIDD) –- qui couvre divers domaines d'intervention, de l’efficacité énergétique à la gestion de l’eau. Ces préceptes ont été suivis lors de la construction de la plus récente addition au complexe : le Geos-Spa Sacacomie, ouvert l’an dernier. Construit lui aussi en bois, l’établissement de santé a atteint un ratio de plus de 85% en bois certifié Forest Stewardship Council (FSC). De plus, l’eau grise est récupérée pour les toilettes et la consommation d’eau est contrôlée grâce à l’utilisation de pommeaux de douche à faible débit. Ceux-ci sont complétés d’une technique d’aération qui réduit le débit tout en assurant la pression de l’eau. Sur le plan de l’économie d’énergie, les surplus de chaleur fournis par les 24 puits géothermiques du spa sont récupérés et permettent de chauffer l’eau des cuisines du complexe principal. "Un protocole de construction écologique a été établi et respecté à la lettre. Il fallait pour cela travailler avec des fournisseurs pour développer de nouvelles méthodes de travail. Par exemple, c’était la première fois que Toiture Mauricienne travaillait avec du bois FSC. Avec ce fournisseur de pièces de toits, il a fallu mettre en place un processus pour établir une chaine de traçabilité."
Pour Réal Migneault, l’implantation de nouveaux procédés a constitué l’un des plus importants défis. "Comme défricheurs, nous avons dû être patients, mais le jeu en valait la chandelle. Nos partenaires ont aujourd’hui de nouvelles expertises dont l’hôtel pourra bénéficier à l’avenir, en ce qui concerne nos besoins d’entretien et de rénovation ou pour tout projet d’expansion." Aux donneurs d’ouvrage, il suggère l’organisation de rencontres pré-construction. "En passant en revue un protocole de construction avec différents corps de métier, on évite des erreurs qui peuvent coûter cher. C’est ce que l’on appelle le processus de conception intégré ; les intervenants sont autour de la table dès le départ."
Réal Migneault insiste sur le fait que la démarche intégrée de l’hôtel dépasse de beaucoup l’objectif d’obtenir une certification. Le PIDD vise la réduction générale de l’empreinte environnementale de l’établissement. "C’est une tâche qui ne s’arrête pas à l’obtention d’une certification. En nous penchant sur les certifications accessibles, nous nous sommes rendu compte que les critères seraient facilement surmontables ou qu’ils étaient déjà surmontés." Le spa vise entre autres la certification Leed (Leadership in Energy and Environmental Design) et possède déjà des attestations comme celle de Ici on recycle, de Recyc-Québec.
La PME produira son premier rapport de durabilité en 2010. On y trouvera une série d’indicateurs qui permettront de suivre l’évolution du PIDD. "Ces indicateurs s’ajouteront au développement d’un bilan énergétique intégral et d’une caractérisation environnementale complète." Ces démarches permettront à la direction d’établir de nouvelles manières d’économiser l’énergie et des solutions pour réduire l’impact du complexe sur le milieu naturel.
Réal Migneault explique que la campagne Je touche du bois de la Coalition Bois repose sur la même philosophie : réduire l’empreinte écologique au sens large. "C’est une chose qui nous a interpelé; une démarche responsable oblige une vision plus large. Les entrepreneurs qui choisissent le bois bénéficient d’un atout. Pour passer des intentions à l’action, l’utilisation du bois est le matériau idéal. Il est renouvelable, recyclable, réutilisable et local."
L'objectif de la campagne est d’inciter les décideurs du secteur privé à utiliser le bois dans leur projet de construction. "Outre des avantages comme la rapidité à obtenir le matériau par rapport à certaines pièces en acier, ce que la coalition souligne c'est que le bois est un moyen concret de lutter contre les changements climatiques. Le bois, lorsqu’en croissance, absorbe le CO2. De plus, le procédé de fabrication du bois requiert moins d'énergie que d'autres matériaux comme l'acier ou le béton. C’est un message positif qui contribue à la réputation et à la visibilité de l’hôtel."
À ceux qui rétorquent que le bois dure moins longtemps, Réal Migneault utilise l’argument de l’analyse de cycle de vie. "On ne pourra jamais dire que les bénéfices d’un matériau qui a une plus grande longévité sont plus importants que la réduction de l’empreinte environnementale que permet le bois."
Réal Migneault rappelle que les préjugés demeurent à l’égard du bois dans le milieu de la construction. "Certains entrepreneurs considèrent qu’il est compliqué à utiliser ; surtout lorsqu’il est question de structure. Pour cette raison, Sacacomie fait valoir les attributs du bois pour une entreprise de construction ou un donneur d’ouvrage. Nous répondons aux questions et invitons les curieux à visiter nos bâtiments. Pour nous, le partage d’information est une condition qui garantit l’avenir d’une ressource sur laquelle repose notre modèle d’affaires: la forêt."
PME : Votre rendez-vous mensuel
Cette section, présentée en collaboration avec Gaz Métro, dresse le portrait de PME québécoises ayant adopté des pratiques de développement durable.
Chaque mois, découvrez comment la responsabilité sociale peut être appliquée aux PME.
Archives spécial PME
-
mai 2012
-
avril 2012
-
mars 2012
-
février 2012
-
janvier 2012
-
décembre 2011
-
novembre 2011
-
octobre 2011
-
septembre 2011
-
août 2011
- 1 de 5
- ››


